Ghostly International raconte 25 ans de musique et de design dans un livre d’archives

16 août 2026
Ghostly International raconte 25 ans de musique et de design dans un livre d’archives

Plus qu’un label, Ghostly International a toujours cultivé un univers. Depuis sa création en 2000, la structure américaine brouille les frontières entre musique électronique, indie, art contemporain et design graphique. Plus de vingt-cinq ans d’expérimentations aujourd’hui réunis dans We’ll Never Stop Living This Way: A Ghostly International Catalogue, un imposant ouvrage qui ouvre pour la première fois les archives du label.

25 ans de Ghostly International en près de 500 pages

Fondé par Sam Valenti IV alors qu’il n’avait que 19 ans et étudiait à l’Université du Michigan, Ghostly International s’est progressivement construit en marge des catégories traditionnelles de l’industrie musicale. Le terme genre-less accompagne d’ailleurs le label depuis ses débuts. Une manière de revendiquer une identité davantage guidée par une sensibilité commune que par un genre musical précis.

Cette philosophie est au cœur de We’ll Never Stop Living This Way, premier livre entièrement consacré à l’histoire et à l’univers visuel de Ghostly. Réalisé avec l’éditeur indépendant Hat & Beard Press, l’ouvrage plonge dans plus de deux décennies d’archives pour raconter la construction progressive d’une identité devenue immédiatement reconnaissable. Car chez Ghostly, la musique n’a jamais vraiment été dissociée de l’image.

Quand le graphisme devient aussi important que la musique

Pochettes de disques, typographies, photographies, illustrations, objets et identités graphiques : depuis ses débuts, Ghostly International envisage chaque sortie comme une pièce appartenant à un ensemble plus vaste.

Le livre permet justement de comprendre cette relation entre son et image. On y découvre des photographies jusqu’ici inédites, des documents d’archives et des éléments retraçant notamment le développement de l’identité graphique du label. À cela s’ajoutent des interviews originales et des histoires orales recueillies auprès des musiciens, designers et artistes visuels qui ont participé à la construction de Ghostly.

Deux signatures reconnues de la critique musicale viennent compléter l’ensemble. Michaelangelo Matos et Philip Sherburne livrent chacun des essais exclusifs permettant de replacer l’aventure Ghostly dans un contexte musical et culturel plus large. Une façon de raconter un label à travers ceux qui l’ont construit, plutôt que de simplement aligner chronologiquement ses sorties.

Un catalogue pensé comme un objet de collection

À l’image des productions du label, le contenant compte presque autant que son contenu. We’ll Never Stop Living This Way prend la forme d’un imposant hardcover en édition limitée. Le volume mesure 235 × 305 mm et approche les 500 pages. L’impression associe CMJN et Pantone 2645C, tandis qu’un zine supplémentaire est directement intégré à l’ouvrage.

La direction artistique a été confiée au studio Practise, tandis que les photographies sont signées Toaki Okano. L’ouvrage est édité par Sam Valenti IV, Practise et JC Gabel. Le résultat se situe quelque part entre la monographie, le catalogue d’exposition et l’archive musicale. Un véritable coffee table book que l’on parcourt autant pour son graphisme que pour les histoires qu’il contient.

Une certaine idée du label indépendant

En vingt-cinq ans, Ghostly International a construit un catalogue singulier, accueillant aussi bien Tycho, Matthew Dear et Com Truise que Shigeto, Gold Panda ou Mary Lattimore. Son catalogue actuel continue de passer naturellement de l’ambient à la pop expérimentale, de l’électronique au rock ou au R&B.

Mais We’ll Never Stop Living This Way raconte finalement quelque chose de plus large que l’histoire d’une maison de disques. Le livre documente une époque où certains labels indépendants ont réussi à devenir de véritables prescripteurs culturels. Des structures capables de faire dialoguer musique, graphisme, photographie, mode et art sans nécessairement chercher à définir les frontières entre chacun de ces territoires.

À l’heure où une grande partie de la musique se découvre désormais à travers des interfaces standardisées, feuilleter près de 500 pages d’archives physiques prend presque une dimension manifeste. Un bel objet mais surtout la mémoire tangible d’un label qui, depuis 2000, n’a jamais vraiment voulu choisir entre le son et l’image.

We’ll Never Stop Living This Way: A Ghostly International Catalogue signé Ghostly International et Hat & Beard Press, est disponible en édition limitée dès maintenant.