Jil Sander poursuit son exploration du parfum avec Olfactory Series 1

16 août 2026
Jil Sander poursuit son exploration du parfum avec Olfactory Series 1

Après avoir imposé son minimalisme radical dans le vestiaire contemporain, Jil Sander poursuit son exploration de la parfumerie avec Olfactory Series 1. Une collection désormais composée de douze fragrances unisexes, pensées avec la même précision que les silhouettes de la maison. Pas de démonstration inutile ici : des formules épurées, quelques matières premières soigneusement choisies et une volonté de transformer des sensations familières en véritables expériences olfactives.

Le minimalisme Jil Sander, version olfactive

Avec Olfactory Series 1, Jil Sander transpose naturellement son langage esthétique dans l’univers du parfum. La maison joue sur les oppositions qui ont toujours nourri son identité : le naturel et le technologique, le masculin et le féminin, l’intime et le visible, la simplicité et la sophistication.

Chaque fragrance repose ainsi sur une construction volontairement réduite à l’essentiel. Trois ingrédients naturels principaux rencontrent les aldéhydes, utilisés comme véritable fil conducteur de la collection. À cela s’ajoutent de l’eau et un alcool intégrant une part issue d’émissions de carbone recyclées. Une approche qui cherche moins l’accumulation que la précision.

Les aldéhydes occupent une place centrale. Tantôt métalliques, lumineux ou presque électriques, ils donnent du relief aux matières naturelles et apportent cette sensation de netteté qui semble particulièrement cohérente avec l’univers Jil Sander.

Six nouvelles fragrances pour compléter la collection

Après un premier chapitre composé de six parfums (Leaf, Miel, Black Tea, Coffea, Smoke et Earth) Olfactory Series 1 s’étend aujourd’hui avec six nouvelles créations. La collection compte désormais douze références, toutes unisexes.

Pour ce deuxième chapitre, la maison continue de travailler avec plusieurs parfumeurs et s’intéresse à des souvenirs extrêmement simples. Une promenade matinale, une baignade dans l’océan, une nuit d’été à Florence ou encore la découverte d’une glace au sésame noir. Des scènes ordinaires transformées en compositions beaucoup plus abstraites.

Shiso, imaginé avec Julie Massé, ouvre ce nouveau chapitre sur un registre vert et boisé. Le shiso rencontre le santal australien, le citron vert surcyclé et les baies de genièvre extraites au CO₂. Une composition fraîche, amère et lumineuse, presque électrique.

Avec Lily, créé aux côtés de Mathilde Bijaoui, l’atmosphère devient plus florale. Inspiré par l’odeur des lys lors d’une chaude nuit florentine, le parfum associe jasmin sambac, benjoin du Vietnam et cyprès surcyclé. Les aldéhydes viennent accentuer les facettes métalliques de la fleur pour éviter une interprétation trop classique du floral blanc.

Salt évoque quant à lui la peau après une baignade. Alexis Grugeon imagine un parfum ambré aquatique construit autour de la cardamome surcyclée, de la vanille extraite au CO₂ et de la lavande française. Une interprétation moins littérale de la mer que de la sensation qu’elle laisse sur le corps : sel, lumière et peau qui sèche lentement au soleil.

Plus inattendu, Sesame s’inspire d’une glace au sésame noir. Créée avec Meabh Mc Curtin, cette composition boisée et gourmande associe notamment des coques de cacao surcyclées, du chêne extrait au CO₂ et du cèdre américain. Un parfum enveloppant et crémeux, mais suffisamment texturé pour s’éloigner des codes traditionnels du gourmand.

Avec Vanille, Jil Sander s’attaque à une autre matière familière en choisissant d’en explorer le versant le plus sombre. Coralie Spicher associe la vanille extraite au CO₂ au cèdre surcyclé et au labdanum espagnol. Le résultat est ambré et cuiré, plus mystérieux que sucré. Une vanille débarrassée de son évidence.

Enfin, Mahogany, développé avec Louise Turner, referme ce nouveau chapitre sur une composition boisée et cuirée. Cèdre surcyclé, cypriol indien et gingembre extrait au CO₂ recréent l’intensité d’une forêt tropicale et les nuances profondes de l’acajou. Sans doute l’une des propositions les plus sombres et sophistiquées de la série.

Des parfums comme des objets Jil Sander

L’intérêt d’Olfactory Series 1 tient aussi dans sa cohérence avec le reste de l’univers de la maison. Les parfums ne semblent pas avoir été imaginés comme une catégorie indépendante, mais comme le prolongement d’une manière de concevoir les vêtements et les objets.

Le flacon suit naturellement cette logique. Minimal, architectural et débarrassé de tout élément superflu, il laisse le parfum occuper l’espace. Une esthétique silencieuse qui fait immédiatement écho aux lignes épurées et aux volumes précis associés à Jil Sander.

Avec désormais douze fragrances, Olfactory Series 1 commence surtout à dessiner un véritable vestiaire olfactif. Leaf pour sa fraîcheur végétale, Smoke pour son caractère boisé et fumé, Black Tea pour sa chaleur épicée ou, parmi les nouveautés, Salt, Sesame et Vanille pour des interprétations plus sensorielles.

Une parfumerie qui ne cherche pas nécessairement à séduire au premier contact. Elle préfère travailler la matière, les contrastes et les souvenirs. Une approche discrète, cérébrale et particulièrement contemporaine qui, finalement, ressemble beaucoup à Jil Sander. Olfactory Series 1 est disponible sur le site et dans une sélection de boutiques Jil Sander.